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Comment j’ai obtenu une bourse pour poursuivre mes études à l’étranger ? Mamie Diagne, jeune étudiante africaine au Maroc, partage son histoire.

1- Présentation : qui est Mamie Diagne ?

Je m’appelle Ndèye Mamie Diagne, j’ai 27 ans, je vis au Maroc depuis 8 ans. Je suis célibataire et je travaille dans un centre d’appels à Rabat pour une entreprise française nommée Total Direct Énergie (fournisseur d’électricité et de gaz). J’adore écrire, danser, chanter et faire des vidéos. Étant une personne introvertie et taciturne, j’aime être toute seule dans ma chambre pour pouvoir faire mes folies (danser et faire ma diva).

2- Qu’est-ce que tu faisais avant de partir poursuivre tes études à l’étranger ?

J’étudiais avant de venir au Maroc. Pour être précise, j’ai eu une bourse d’étude en 2012 après le baccalauréat et c’est la raison de mon arrivée au Maroc.

3- Pourquoi tu as préféré partir à l’étranger ?

Quand j’ai eu le baccalauréat et la bourse par la suite, j’ai préféré venir au Maroc, car le système éducatif est bien organisé. Je m’explique, je n’avais pas les moyens (financiers) d’étudier dans une école privée au Sénégal et je ne voulais pas avoir la licence en 4 ou 5 ans en raison des grèves permanentes dans les universités publiques au Sénégal. Au fond de moi, j’étais persuadée que j’allais poursuivre mes études avec tranquillité au Maroc.

4- Comment ton voyage s’est-il organisé ?

J’ai eu la bourse via la Direction des bourses à Dakar et le voyage a été donc organisé par cette dernière. Une fois la bourse obtenue, j’ai su dans quelle ville j’étais orientée et la filière que j’allais suivre. Après quelques semaines, j’ai été informée à propos de la date de mon voyage. La direction des bourses s’est occupée de toutes les démarches administratives et de l’achat du billet d’Avion. Les boursiers n’ont pas eu besoin de prendre cela en charge. À notre arrivée, mes promotionnaires et moi avons été pris en charge/guidés par l’agence marocaine de coopération internationale (AMCI). Cette dernière, avec l’aide des anciens étudiants au Maroc nous a indiqué les démarches complémentaires telles que l’inscription à l’université et la recherche de logement.

5- Quelles ont été les réalités à votre arrivée?

J’ai eu du mal à m’adapter au début. J’étais dans une ville où il n’y avait pas vraiment beaucoup de noirs, comparée à Rabat et Casablanca. Donc, j’étais harcelée en permanence dans la rue (en allant à l’université par exemple). En fin de compte, j’étais découragée, dégoûtée et j’ai regretté d’être venue. Toutefois, je n’ai pas été déçue concernant les études. Compte tenu de mon expérience, le Maroc est très à cheval sur les études. Les cours se sont très bien passés ; il n’y a pas eu de grèves (ce que je craignais), pourtant j’étais dans une université publique. Cependant, j’ai finalement eu ma licence en 2016 ; la troisième année était difficile et j’ai déprimé en début d’année. Cela a retardé l’obtention de mon diplôme, de quelques mois.

6- Quels sont les avantages et les inconvénients pour un étudiant à l’étranger ?

En tant qu’étudiante, je n’ai pas galéré financièrement, car j’avais la bourse du Sénégal et celle de l’AMCI. Ensuite, j’ai rapidement trouvé un travail assez correct après l’obtention de mon diplôme et je gagne bien ma vie. J’arrive à payer un loyer mensuel, mes factures, je subviens à mes besoins et j’aide ma maman (financièrement). L’inconvénient est que je ne travaille pas dans mon domaine d’étude, car j’ai une licence en anglais, précisément en linguistique ; ce qui fait que je trouve mon boulot lassant. Actuellement, je veux reprendre mes études, avoir un master et rentrer au Sénégal.

7- Quelles sont vos ambitions futures à la fin de vos études ?

Je souhaite obtenir un master en traduction et interprétariat ou Communication, car plus tard j’aimerais ouvrir une agence de communication. J’ai d’ailleurs entamé des démarches pour poursuivre mon Master dans un autre pays (hors de l’Afrique si possible).
Je souhaite être une traductrice-interprète de renommée internationale et également une entrepreneuse. Étant féministes dans l’âme, les femmes seront privilégiées dans ma future entreprise : 100 % ou 75 % de mes collaborateurs seront des femmes In Sha Allah. Cela peut paraître sexiste, mais j’aimerais tout simplement participer à l’insertion professionnelle des femmes sénégalaises et à l’émancipation concrète de ces dernières. Ce ne sera pas forcément une entreprise de communication. Ce qui est sûr, je ne compte pas me limiter à travailler dans mon domaine d’étude.

8- Que conseillerais-tu à un jeune africain qui rêve de poursuivre ses études à l’étranger ?

Un conseil à mon frère ou à ma sœur qui me lira : si tu rêves d’aller poursuivre tes études à l’étranger, je te conseille de foncer. Fais tout (dans la limite du possible) et reste honnête surtout, pour atteindre ton but et réaliser ton rêve. Sois patient, mais pas nonchalant, car comme on dit « Tout vient à point à celui qui sait attendre », mais « ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui ». Si tu as des idées, concrétise-les et sois un modèle de réussite. J’espère appliquer mes propres conseils (rires) comme l’a dit mon idole Beyoncé dans son morceau « Bigger » ‘Im not just preaching, I’m taking my own advice. So go ahead and chase your dreams.

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